Nous étions des hommes…

Papa, raconte-moi notre histoire… S’il te plait… Encore une fois !
Allez, s’il te plait…
“Il était une fois une planète bleue où vivaient les hommes…”
Continue…
“…nous étions ces hommes, ces femmes, nous construisions. Toujours plus haut, toujours plus beau. Nous n’avons cessé d’avancer. Sans jamais nous dire si nous allions dans la bonne direction. Nous vivions, tout simplement…”
“Nous avions 2 yeux, nous marchions debout. Nous respirions sans masque, ni bouteille tu sais…”
Waouh… C’était bien ?
“… Disons que c’était différent. Tu sais, on pouvait sortir dehors plus de 10 minutes sans risquer une contamination…”
Vous ne viviez pas sous terre alors ?
“Non. Nous avions des abris que nous avions construit et qui s’élevait dans les airs. Nous avions l’eau potable, des appareils pour faire chauffer la nourriture, des instruments de communication longue distance…”
Qu’est-ce qui s’est passé Papa ? Pourquoi je ne connais rien de ce monde et pourquoi le connais-tu si bien ?
“…”
Qu’avez-vous fait Papa ?
“…Nous… Nous étions des hommes. Nous avons joué malgré les avertissements. Par gourmandise, appât du gain et par désir de toujours progresser. Nous avons agi comme des hommes. Intelligents et riches en connaissance mais aveuglés par le matérialisme. Nous avons tout fait brûler fiston. Nous avons réduit à néant des milliers d’années de construction, de compréhension et de progrès.”
…
“Le plus dur, tu sais, c’est de te regarder grandir dans ce qu’il nous reste. De me dire que nous aurions pu être là-haut à l’air libre, à courir après un ballon…”
“Le plus dur ce n’est pas de regretter ou d’imaginer une autre fin. C’est de se dire que même si nous savions ce qui allait arriver, nous ne voulions tout simplement pas l’éviter. C’était impossible. Nous avons ralenti l’arrivée du désastre par des messages, des inventions ou bien même des affrontements, mais nous savions qu’un jour ou l’autre, ce serait la fin.”
“Le plus dur, mon fils, c’est de se dire, que même si nous pouvions revenir en arrière aujourd’hui… nous ne changerions rien.”
PS : Photo de Steavenarens.
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